Les objectifs du projet Ci-RES

Le but principal du projet CI-RES est de créer des capacités institutionnelles pour l’intégration des réfugiés dans l’enseignement supérieur algérien. Pour ce faire, le projet Ci-RES est une expérience pilote qui propose le réaménagement de la structure organique et fonctionnelle des établissements de l’enseignement supérieur partenaires du projet afin de répondre aux problèmes actuels d’intégration effective des réfugiés au sein des établissements de l’enseignement supérieur. Le projet propose l’élaboration de mécanismes normatifs et institutionnels favorisant l’intégration de cette catégorie dans l’enseignement supérieur.

Ce processus s’inscrit dans le but élargi de l’Union Européenne pour soutenir la modernisation, l’accessibilité et l’internationalisation du domaine de l’enseignement supérieur dans les pays partenaires éligibles.

Face à la situation actuelle des réfugiés en Algérie, de leur statut et des mesures d’intégration dans le système éducatif en général et dans l’enseignement supérieur, en particulier, ce projet tente d’atteindre des objectifs spécifiques cités comme suit :

– Renforcer les connaissances et les compétences du personnel académique et administratif pour une meilleure prise en charge des réfugiés à l’université ;

– Elaborer des mesures d’insertion concrètes des personnes réfugiées souhaitant intégrer le système de l’enseignement supérieur algérien à travers une étude prospective des besoins et des difficultés des réfugiés sur tous les niveaux d’intégration ;

– Réécrire et reformuler les règlements internes des EES partenaires à travers l’introduction de dispositions relatives au statut des réfugiés, leurs droits et leurs obligations pour mieux définir l’accès, l’organisation du parcours de formation et l’insertion des réfugiés dans la vie universitaire ;

– Elaborer un dispositif d’accueil des réfugiés au sein des ESS partenaires à travers la création d’un bureau centralisé au niveau des vice rectorats chargés des relations extérieures ayant pour mission la prise en charge des réfugiés ainsi que des bureaux annexes, au niveau de chaque faculté, rattachés au vice doyen chargé des relations internationales de l’ensemble des universités partenaires.

– Créer un comité chargé de l’accompagnement académique et professionnel des réfugiés durant leur parcours de formation.

– Créer et réglementer les mesures institutionnelles pour la valorisation des diplômes et des compétences des réfugiés, à travers la reconnaissance des crédits, le système d’équivalences des diplômes, et des compétences scientifiques de ces derniers.

– Renforcer la volonté gouvernementale en faveur des réfugiés à travers la participation du Ministère de l’Enseignement Supérieur Algérien dans l’insertion de ces mesures dans le dispositif réglementaire déjà existant ;

– Favoriser l’accès à l’emploi des personnes réfugiées à travers la création d’un dispositif d’accompagnement des réfugiés vers l’emploi en mobilisant le service public de l’emploi et de l’employeur qui travaillera avec le centre des carrières de l’université et le bureau de liaison professionnelle ;

– Aider à promouvoir la culture des réfugiés et le dialogue interculturel à travers le partenariat avec la société civile et la communauté locale par l’organisation d’activités culturelles et sportives

Ces objectifs spécifiques adressent les problèmes cités dans la partie D.1 dans le but de trouver des solutions à l’absence de mesures institutionnelles internes pour la prise en charge pédagogique, psychologique, et professionnelle des réfugiés. Ils tentent aussi de renforcer les capacités du personnel académique et administratif de l’université pour un meilleur accueil et une amélioration de la vie universitaire des étudiants réfugiés, ce qui leur permettra de palier leurs difficultés notamment aux niveaux linguistique et pratique.

Les objectifs proposés sont justifiés par le manque de réglementation claire au profit des réfugiés au niveau institutionnel ainsi que par le manque de données réelles sur l’avancement académique et professionnel de cette catégorie vulnérable de la société. Les résultats peuvent être raisonnablement atteints vu les moyens déjà mis à disposition par les universités algériennes au profit des étudiants algériens. Le règlement interne, le centre des carrières et le bureau de liaison existent au niveau de l’ensemble des universités algériennes partenaires. La présence de psychologues diplômés est aussi un élément positif pour la réalisation des objectifs proposés ci-dessus. Un responsable administratif chargé des affaires des étudiants internationaux est aussi désigné dans chaque institution universitaire, ce qui faciliterait la désignation d’une personne chargée des étudiants réfugiés en particulier. Le support apporté par le projet Ci-RES ainsi que par l’expérience européenne ne feront que renforcer les efforts déjà mis-en-place afin d’atteindre aussi cette population estudiantine en difficulté.