Les activités du projet

Ci-RES est un projet qui répond aux besoins manifestés par les réfugiés pour une meilleure intégration de ces derniers dans l’enseignement supérieur en Algérie ainsi qu’au besoin de former les personnels académiques et administratifs pour une meilleure prise en charge de cette catégorie estudiantine. Ci-RES adopte une stratégie bien étudiée afin de planifier les activités de formation en se basant sur les besoins réels manifestés par les différents groupes cibles. Au terme des activités et des résultats de la première phase du projet relative au recueil des données et de l’identification et la sélection des bonnes pratiques, elle vient combler le manque d’informations sur les problèmes que vivent les réfugiés au quotidien, sur les difficultés administrative et académique à surmonter tout au long du parcours académique ainsi qu’au manque de formation adaptée du personnel académique et administratif des universités algériennes pour arriver à mieux gérer la situation de cette catégorie d’étudiants. Les résultats de la recherche prospective permettront d’avoir des données quantitatives et qualitatives détaillées sur les problèmes rencontrés et jusque-là non identifiés sur la situation des réfugiés dans les universités algériennes. Les résultats complètent le manque d’information et de recensement des indicateurs. L’impact de cette première phase est que les chercheurs seront en mesure d’établir une formation adaptée aux besoins des réfugiés et pourront renforcer les capacités du personnel administratif et académique qui prendra en charge le suivi et l’intégration des réfugiés. Le consortium atteindra cet impact à travers la participation de l’ensemble des partenaires dans l’analyse prospective comparée. Les partenaires européens pourront partager les résultats de leur recherche dans des projets similaires sur la question de l’intégration des réfugiés.

Au niveau institutionnel : Les partenaires européens pourront partager les expériences entreprises dans ce domaine afin de permettre de diminuer les écarts dans les pratiques nationales actuelles. Les partenaires algériens ainsi que le ministère pourront se concentrer sur les mesures à entreprendre pour reformuler les pratiques existantes.

Pendant la phase 2, le projet aura un impact plus important sur les compétences générales à travers le renforcement des capacités des 3 groupes cibles, réfugiés, personnel académique et personnel administratif. Des cours théoriques et des ateliers pratiques seront développés pour former les réfugiés, le personnel académique et le personnel administratif. Ces activités permettront aux différents groupes cibles d’acquérir les connaissances académiques nécessaires des cours développés sur une plateforme MOOC qui sera créée par l’université Sétif 2 ainsi qu’à exposer les résultats de la formation à travers des ateliers pratiques. Cet exercice permettra aux réfugiés d’exprimer dans un espace libre et respectueux leurs frustrations, leurs besoins et leurs attentes.

En outre, la formation des formateurs aura un impact multiplicateur sur la communauté universitaire, au sens large mais aussi sur la situation des réfugiés. La prise en charge administrative adéquate répondra au besoin de garantir des conditions humanitaires propices pour l’accueil et l’intégration des réfugiés ainsi que leur prise en charge psychologique, académique, sociale et professionnelle.

Sur le plan sociétal, ce projet aura un double impact : d’abord, les séminaires seront vulgarisés à travers les médias, les coupures de presses, et les émissions radios et télévisions, ce qui permettra à la société au sens large de prendre conscience de la nécessité de changer de regard vis-à-vis des réfugiés et aussi de leur créer un environnement propice pour l’exercice de leurs droits. Les focus groups permettront également aux ONGs, aux membres de la société civile et au Conseil National des Droits de l’Homme d’utiliser les résultats de ce projet pour prendre action au profit des réfugiés.

Le renforcement des capacités comprendra également un aspect pratique à travers des stages de perfectionnement au niveau des universités européennes au profit du personnel académique et administratif des partenaires algériens. Des stages pratiques au niveau des universités algériennes seront programmés au profit des réfugiés leur permettant de connaitre d’autres réfugiés inscrits au sein des autres universités partenaires et d’apprendre de nouvelles expériences à travers les formations. Ils pourront aussi bénéficier des cours en langues arabe et française afin de pallier les difficultés linguistiques d’intégration liés à la non-maitrise des langues d’instruction et de communication dans les universités algériennes. Quant aux personnel académique et administratif, les stages de perfectionnement leur permettront d’acquérir les compétences nécessaires pour garantir une prise en charge adéquate des réfugiés en Algérie. Le stage au MESRS sera en mesure de faciliter la prise en charge administrative des réfugiés par les établissements d’accueil.

L’activité du dialogue interculturel ainsi que les portes ouvertes dédiées à l’insertion professionnelle permettront à l’université d’offrir des espaces ouverts aux étudiants réfugiés d’exprimer leurs besoins d’emplois et de faire valoir leurs compétences pour le marché socio-économique.

La 3ème phase permettra de rendre l’impact du projet actif et opérationnel à travers la conception du guide pratique et du règlement interne dédié aux réfugiés ainsi que l’introduction du bureau chargé des affaires des réfugiés. Ce bureau qui se composera des personnels administratifs formés rattachés au vice rectorat des relations extérieures avec des annexes aux niveau des facultés, permettra la prise en charge et le suivi de la vie estudiantine des réfugiés ainsi que de leur insertion dans le marché du travail en collaboration avec le centre des carrières et le bureau d’insertion professionnelle des étudiants de chaque université partenaire. Sur le plan européen, les partenaires pourront partager leurs expériences pour la rédaction du guide pratique afin de renforcer les démarches déjà entreprises au profit des réfugiés. Sur le plan algérien, les actions proposées seront uniques dans le domaine des droits de l’homme, en général, et du droit des réfugiés, en particulier. Tous les partenaires seront impliqués à part égale dans l’exécution et l’accomplissement des tâches et des objectifs. Le ministère permettra de généraliser les résultats entrepris à tous les établissements universitaires algériens et à assurer l’impact à long-terme.